Quelques contributions texanes à la recherche contre le COVID-19

L’université du Texas à Austin (UT Austin) dispose d’excellentes capacités informatique, incarnées notamment par le Texas Advanced Computer Center (TACC). Deux chercheurs de l’université sont parvenus à reconstituer la structure en trois dimensions de la protéine dite « spike » qui permet au SARS-CoV-2 de se fixer sur la cellule hôte et d’y insérer du matériel génétique (1). La détermination d’une structure par cryo-microscopie électronique (voir image, résolution de 3,5 angströms) révèle que l’état prédominant du trimère (en gris, blanc et en ruban coloré) possède trois domaines de liaison aux récepteurs dans une conformation qui serait accessible aux récepteurs, ouvrant des pistes pour le développement de thérapies ciblées de type rational drug design. L’étude a été publiée au début de la crise et a été citée à plus de 500 reprises depuis.

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Un groupe de recherche international incluant l’université UT Austin a identifié et isolé chez un lama des anticorps spécifiques à cette protéine spike. Ceux-ci sont originaires d’un spécimen du zoo de Gand en Belgique, avec lequel travaille l’université texane. Plusieurs validations animales sont en cours et préparent le terrain pour un potentiel vaccin à destination de l’homme (2).

L’université de Rice a reçu de la NSF un fonds de 80 000 dollars afin d’explorer la voie de la stérilisation thermique pour l’équipement de protection. Dans un article publié sur ChemRxiv (3), le professeur Daniel Preston y présente des simulations thermodynamiques pour le calcul les effets de la température, de l’humidité ou du pH (acidité du milieu) sur la survie du virus, ainsi que la dégradation des masques et autres équipements après plusieurs cycles de stérilisation.

En effet, le nettoyage à l’alcool ou par rayons UV endommage les fibres polymères constituant le N95 (polyuréthane, polypropylène et polyester). Le Dr. Firas Zabaneh du Houston Methodist cherche à limiter cette détérioration en évaluant l’efficacité de la stérilisation par autoclave. Si ce dispositif est employé pour l’outillage chirurgical, il nécessite -dans un contexte de possible manque de masque- d’être validé pour traiter des masques. L’équipe a ainsi formalisé un protocole de décontamination efficace pour différents types de masques chirurgicaux (4).

(1) https://science.sciencemag.org/content/367/6483/1260

(2) https://www.cell.com/pb-assets/products/coronavirus/CELL_CELL-D-20-00891.pdf

(3) https://chemrxiv.org/articles/A_Predictive_Model_of_the_Temperature-Dependent_Inactivation_of_Coronaviruses/12152970

(4) https://www.cambridge.org/core/journals/infection-control-and-hospital-epidemiology/article/immediate-use-steam-sterilization-iuss-sterilizes-n95-masks-without-mask-damage/4BDC5CF0BBC9CFB44C0E837B3B37CC83

Dernière modification : 01/06/2020

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